Libération : "Un mois que la clope n’a plus droit de café" 2/02/08

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Libération : "Un mois que la clope n’a plus droit de café" 2/02/08

Message  jdl75 le Sam 2 Fév 2008 - 11:51


Un mois que la clope n’a plus droit de café
Tabac. S’exposer au grand air ou se cloîtrer à la maison pour ne pas enfreindre l’interdiction de fumer, depuis le 2 janvier, dans les bars et les restaurants ? Pas toujours simple.
Emmanuèle Peyret et Victor Nicolas
QUOTIDIEN : samedi 2 février 2008

Comment ça, un mois déjà ? Un mois qu’on ne peut plus fumer dans les bars, ni dans les restaus, ni dans les boîtes, un mois que les fumeurs se retrouvent comme des tapineuses sur le trottoir à tailler le bout de gras «entre addicts». Un mois qu’on y voit clair par les vitres des estaminets, un mois que, paraît-il, on sent de nouvelles odeurs (pas toujours suaves) jusque-là masquées par l’écran de fumée indissociable du café/kir/comptoir. Un mois qu’on ne refait plus le monde jusqu’à point d’heure, clope à la main, un mois qu’on socialise plus facilement chez soi, plutôt que de se cailler les miches en terrasse, abrutis par les chaufferettes à crâne et les prix prohibitifs. Un mois aussi qu’on respire au bistrot, qu’on ne culpabilise plus d’y emmener les gnomes pour un apéro (prolongé, du coup, il faut bien compenser). Un mois que c’est l’été aux terrasses en hiver, un mois que tout le monde ou presque (voir l’action prévue ce samedi sous la houlette de «Happy nicotine» : tous une clope à la main à 23 heures, hoho, attention rebelles) se réjouit… ou se résigne.

Alors oui, les bars et la vie du bar ont changé, et le vide qu’on y constate n’est pas qu’apparent, à en croire René Le Pape, président de la Confédération nationale des buralistes : «On observe, par rapport à 2006, une baisse de 20 à 30 % sur le bar, de 12 % sur les brasseries, de 9 à 15 % sur les jeux en fonction de la présence ou non du Rapido.» Surtout, «on voit une baisse de l’ambiance, et on note le net départ des fumeurs». Mais où ? Impressions fumeuses sur ce mois écoulé.

Gaëlle, nostalgique de l’URSS : «J’ai acheté du café et de l’alcool par litres et désormais, au lieu de boire un coup au rade du coin, je reçois à la maison mes amis fumeurs, et tout le monde est content. La Russie soviétique où les murs avaient des oreilles et où on se retrouvait dans la sphère privée : c’est un peu l’impression. Faire un truc banni de la sociabilité. Et puis je regarde des vieux films américains où tout le monde fume n’importe où, et je me dis que c’était le bon temps…»

Delphine, au paradis des fumeurs : «Dans le Sud, c’est moins pénible d’être en terrasse, il faut reconnaître. L’alternative, c’est de sortir à Monaco, où on peut toujours fumer sans se faire foutre dehors.»

Lise, non fumeuse en terrasse : «C’est marrant que les gens squattent dehors, à fumer, discuter (et tant pis pour les voisins). Je les accompagne. Question de ne pas me retrouver seule. Au départ, j’avais peur que les bars changent de clientèle, famille avec mioches, tout ça. Mais apparemment, non. J’ai malgré tout un peu peur pour les vieux bars PMU. Total désertés. Vont-ils survivre ?»

Servane, rebelle ruinée : «J’ai pensé que la bonne résolution cette année serait d’arrêter. Et puis, par rébellion, j’ai changé d’avis. Mais être rebelle a un prix : celui des terrasses équipées de braseros sans lesquels il est impossible de boire un verre dehors. Car payer un supplément terrasse (souvent exorbitant) en plein hiver, ça fait mal. Donc je vais moins dans les bars et beaucoup plus chez mes amis. L’économie réalisée servira à investir dans une machine à espresso.»

Laurent, américanophile :«Après deux ans à New York, ce fut lugubre de retrouver l’atmosphère enfumée des lieux parisiens… Surtout le matin. Le vrai ravissement, c’est quand je rentre tard de ne pas avoir à mettre tous mes vêtements au sale et à prendre une douche cheveux compris pour me débarrasser de l’odeur.»

Michel, patron d’un bar restaurant parisien : «La clientèle du zinc, petit café-clopes du matin et apéro du soir en sortant du boulot, a déserté. Mme Bachelot nous avait promis des nouveaux clients, on les attend toujours.»

Ophélie, un odorat surdéveloppé : «Je n’aime pas rester sur un perron ou un trottoir avec ma clope. Je veux du confort. Là, tout le monde fume en terrasse ou en marchant : j’ai l’impression que la rue sent le tabac.»

Anne-Marie, un entraînement de GI : «Vite une clope en sortant de la maison, vite une clope en sortant du métro (et avant d’y entrer), vite une clope avant le café, vite une clope après le café… Je plante les gens entre deux plats pour aller fumer sur le trottoir. Les apéros au bistrot sans l’atmosphère d’un verre de vin/clopes ne me disent plus rien.»

Valérie, responsable d’un bar parisien : «Les clients sont moins serrés et on a gagné une salle avec la terrasse. Beaucoup remarquent des odeurs de graillon et de transpiration, c’est vrai qu’avant le tabac masquait tout ça. Certains clients allument une cigarette, on leur demande s’ils ont la télé, s’ils lisent la presse, s’ils sont au courant du décret… Et ils éteignent leur cigarette.»

Anne, cycliste : «Tous les accidentés de la vie, piliers au fond du bistro, apparaissent désormais sur les trottoirs.»

Maud, néo non-fumeuse : «Je me disais qu’arrêter serait dur. Mais quand je vais prendre un pot et que je vois les fumeurs sortir dans le froid pour s’en griller une, ça ne me donne pas envie. Quand les gens rentrent, ils puent… Non, ça ne donne pas envie.»

Patrick, fumeur chauffé : «Ce que je regrette, c’est qu’ils se mettent à fermer les terrasses avec d’immondes bâches en plastique et des chaufferettes qui chauffent le crâne, où je me prends la fumée des autres et, pire, leurs conversations.»

Françoise, clooneytte : «J’ai trouvé un allié formidable dans mon contournement de la loi antifumeurs : George C. Avec un George à la maison, tu te fais ton café et tu fumes si tu veux. L’autre jour, en panne de cloonettes, je suis retournée au café du coin. L’horreur : dissocier le café de la clope. Du coup, en un mois, j’ai été prendre deux cafés au troquet, alors que j’en bois en moyenne quatre par jour. Les deux fois, j’ai eu peur de ne pas tenir.»

Jean, serveur dans un bar branché de Strasbourg : «Pour moi qui suis serveur et fumeur, il y a une grosse amélioration, c’est beaucoup plus agréable de travailler dans une ambiance saine. Mes yeux ne piquent plus, je n’ai plus mal à la tête. En plus, j’apprécie encore plus une cigarette désormais.»


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Re: Libération : "Un mois que la clope n’a plus droit de café" 2/02/08

Message  alexandra le Dim 3 Fév 2008 - 19:03

Il semble décidemment qu'il n'y ait que Libé qui ne fasse pas de censure et surtout que c'est encore la presse régionale qui fait son travail. Aujourd'hui un article de Libé Lyon sur le bar 203 et sur le patron d'un bar à narguilé qui lui aussi envisage une grève de la faim.

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Re: Libération : "Un mois que la clope n’a plus droit de café" 2/02/08

Message  cigarissime le Lun 4 Fév 2008 - 9:38

allez voir le forum de libé consacré à l'article en question, toujours en une ce matin et qui restera en archives.
"Fumeurs pollueurs esclaves de l'industrie du tabac" , "la cigarette n'a aucun avenir, point", "les jeunes vont s'habituer à moins fumer", "aucun problème pour reprendre la conversation avec mes copains fumeurs quand ils sortent 2 minutes pour un clope" et une vraie perle: "on a annoncé la mort de toutes les activités qui ont banni le tabac: pourtant, on continue à prendre l'avion ou le métro". C'est vrai, ça , tous les fumeurs avaient annoncé qu'en cas d'interdiction, ils iraient à pied de balard à porte de la chapelle ou qu'ils prendraient un tricycle pour leurs vacances à Miami...

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